R : Il existe : des arthroses primitives c'est une maladie du tissu cartilagineux avec chondrolyse médiée par des processus enzymatiques.
des arthroses secondaires favorisées par une cause extérieure, par exemple la déformation des axes des membres inférieurs :le genu varum « genoux arqués » favorise l’usure interne des genoux, là où appuyera le plus le poids du corps.
Il existe des arthroses diffuses avec atteintes multiples et composante familiale voire génétique, on parle de polyarthrose (POA) sur la colonne vertébrale, les hanches, les genoux et les doigts.
Les arthroses localisées les plus courantes concernent la colonne vertébrale(rachis ), les doigts, les genoux (gonarthrose ) et les hanches (coxarthrose ).
R:Ce sont des facteurs favorisants, susceptibles pour certains de correction:
Avant tout, les malformations ou déformations :scoliose, cyphose, lordose excessives pour le rachis, les dysplasies de hanche (malformation ) , le genu varum (genoux arqués ) et le genu valgum (genoux en X) pour les genoux …)
La surcharge de poids pour les genoux. Le poids peut « fabriquer » une arthrose du genou, ailleurs il peut l’aggraver.
Les excès de certaines activités physiques trop sollicitantes ou certaines activités professionnelles qui créent des micro et macrotraumatismes.
Les maladies voisines du cartilage: atteintes ligamentaires (entorses), tendineuses , osseuses (ostéonécroses), des membranes synoviales
Les maladies de surcharges du cartilage (métaboliques) :fer (hémochromatose )cuivre (maladie de wilson ) calcium :chondrocalcinose )
Enfin, probablement des anomalies génétiques : il existe des familles d'arthrosiques.
R : En général l’arthrose évolue lentement en plusieurs décennies .
Cependant, dans certains cas rares, elle peut évoluer très rapidement, on parle alors d’arthrose destructrice rapide (ADR).
Le plus souvent, l’évolution de la maladie arthrosique est émaillée de poussées douloureuses (PCA :poussées congestives d’arthrose :apparition de douleurs plus intenses évoluant jour et nuit )qui correspondent à des poussées de chondrolyse (destruction cartilagineuse ). Il est essentiel de traiter ces PCA par des AINS (anti inflammatoires)en cures brèves en absence de contre indication ou par des infiltrations cortisoniques qui sont des traitements capables de stopper la perte de cartilage.
R : Le diagnostic d’arthrose est fortement suspecté à l’interrogatoire du malade aidé par l’examen clinique.
Les radiographies sont le plus souvent suffisantes et confirmatives, révélant un pincement articulaire (rapprochement anormal des 2 extrémités osseuses ) qui est le reflet de la perte de cartilage.
Le cartilage n’est cependant pas visible directement à la radio car il est radiotransparent.
Le Scanner voit directement les lésions du cartilage mieux que l’IRM mais n’est le plus souvent pas nécessaire en pratique courante .
En recherche l’IRM 3D permet de visualiser la perte de volume du cartilage.
R : Aucun examen urinaire ou sanguin n’apparaît utile pour le moment au diagnostic de cette maladie .
Les chercheurs travaillent beaucoup sur les marqueurs biologiques dans l’espoir de détecter des patients plus à risque d’évolution destructrice et donc susceptibles de bénéficier de traitements innovants futurs mais coûteux .
R : Si l’on se réfère aux recommandations européennes (EULAR ) , il existe comme traitements médicamenteux :
Les traitements de fond avec les antiarthrosiques d’action lente ( glucosamine , chondroitine , ias et diacerheine) et l’acide hyaluronique injectable.
Les traitement de la crise avec les anti inflammatoires (aspirine, ains par voie générale et aussi par voie locale ainsi que les pommades à base de capsaicine .
Enfin, la cortisone parfois par voie générale, le plus souvent localement par injections intra articulaires:les fameuses infiltrations.
Au quotidien, il faut privilégier, pour les douleurs, les antalgiques (paracétamol)
R : Là aussi, les recommandations de l'EULAR apportent un concensus :
D'abord, perdre du poids si il y a surcharge ou obésité avec un double intérêt : par un effet mécanique de décharge pour les articulations portantes mais également par un effet métabolique « asséchant » de ce qui fabrique l’inflammation (prostaglandines apportées par les lipides) par des adipokines.
Ensuite des aides techniques :appareillages (genouillères, corsets, attelles ou orthèses), semelles orthopédiques corrigeant la jambe plus courte et les déformations des axes jambiers, matériaux absorbeurs des chocs, cannes et déambulateurs.
La physiothérapie :c'est l'ensembles des moyens physiques naturels utilisant de l’énergie (ondes éléctromagnétiques, électrothérapie, ionisations si médicaments associés, ondes courtes, radar, ondes mécaniques, ultrasons, champs magnétiques (magnétothérapie) .
Ces techniques d’appoint apportent une aide mais ne peuvent en aucun cas prétendre guérir l’arthrose .
-La kinésithérapie a une action sédative mais également d’entretien des mobilités articulaires et de renfort musculaire
-L'ergothérapie (aides techniques à domicile )
-La crénothérapie (cures thermales ) et la thalassothérapie.
R : Dans certains cas, il est possible d’agir précocemment par chirurgie; c'est la chirurgie préventive(ex : malformation de hanche) lorsque les douleurs apparaissent avant le stade d’arthrose ceci afin de repousser la chirurgie prothétique à un âge compatible avec la durée de vie des matériaux d’arthroplastie.
Il existe 3 grands types d’opérations :
-Les ostéotomies de redressement (sorte de fracture (tomie = couper ) contrôlée de réaxation ou de décharge relative de la zone arthrosique laissée en place.
-Les arthroplasties :remplacement prothétique articulaire ou prothèse (ex genou, hanche)
-Les arthrodèses : sacrifice articulaire par ankylose ou « soudure » des extrémités osseuses de la jointure (ex cheville)
Il n’existe pas de règles absolues mais la décision chirurgicale ne se fait pas sur une image radiologique mais sur l’intolérance douloureuse et le retentissement fonctionnel (handicap) vécu par le patient ainsi que sur son retentissement psychologique et socioprofessionnel .
et bien sûr en absence de contre indication(autres maladies) à la chirurgie.
Les prothèses des hanches et des genoux permettent aux patients qui les justifient une récupération importante de leur qualité de vie et peuvent « transformer positivement » un patient.
De nouvelles techniques par mini ouverture (mini open ) sont en cours d’évaluation.
R : Il s’agit des greffes de cartilage utilisées actuellement pour des pertes osteocartilagineuses localisées (appelées osteochondrites) davantage que pour l’arthrose dont les lésions sont plus diffuses.
Dans l'arthrose,il faudrait resurfacer « sulfuniser » le cartilage de l'articulation.
Une autre piste concerne les biothérapies (thérapies coûteuses issues de la recherche industrielle au « cœur de la machinerie cellulaire » )
L'interleukine 1 semble être la cytokine clef de l’arthrose (petit messager inter cellulaire responsable des lésions observées).
Les anti interleukine 1 (IL1) en injection intra articulaire font l’objet d’ expériences prometteuses mais pour le moment décevantes compte tenu de l’effet trop bref des produits utilisés (quelques heures à quelques jours seulement).
Les facteurs de croissance du cartilage sont également à l’étude mais ils ne doivent pas provoquer une croissance incontrôlée du cartilage ou activer des lésions précancéreuses…
La thérapie génique utilise des transferts de gènes cibles susceptibles de modifier l’activité des cytokines dans les articulations injectées.
La mise au point de ces différentes thérapeutiques (et d’autres :anti-enzymes , anti-radicaux libres …) permettra une application thérapeutique humaine dans quelques années.